du 31/03/06 au 07/04/06

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Benin - Natitingou
de florian, le 11-04-2006

du 31/03/06 au 07/04/06


31/03/06

Dernier jour du mois de mars. Placé sous un signe très matinal ; réveil un peu à la bourre à 06h15. Roland est arrivé un quart d’heure après. Donc, juste le temps de sauter dans la douche et de prendre quelques affaires. Petit problème, je n’ai pas assez d’argent pour le week-end, il me faut au moins le double, et j’apprends qu’il n’est pas possible de retirer de l’argent dans le Nord. Le bus part dans un quart d’heure. J’enfourche un Zem direction le quartier St Michel pour aller à la banque. Malheureusement, j’avais oublié que l’on était en Afrique et que les réseaux ne fonctionnent pas toujours. Donc, impossible de retirer. Vite, vite, direction le bus, il part dans 5 minutes. Près pour le départ, et sans solutions, nous décidons d’attendre le second bus qui part à 08h00. Après avoir fait le tour de plusieurs banques, enfin une qui marche. Retour et montée dans le bus, avec tout juste assez d’argent pour le séjour. Départ à l’heure. Etonnant, non !!! Direction le Nord du pays, et son Parc National/Réserve Naturelle. 8h de trajet nous attendent. Ça risque d’être long. Nous quittons Cotonou par Abomey-Calavi, le trafic est dense et la chaleur déjà présente, surtout sans climatisation ni ventilation (il n’y a pas de fenêtres au bus, seule la porte est ouverte, ce qui ne suffit pas lorsque l’on roule au ralentit !!). Le bus a un parcours d’arrêt assez mal organisé. Mais il faut faire avec !!! Dés que nous sortons de la périphérie de Cotonou, le paysage est très changeant. Très vert. Nous passons devant les plantations de teck, d’ananas, les jardins et les forêts bien arborées. Je me demande comment la végétation peut être aussi verte, avec si peu d’eau et tant d’ensoleillement. Nous traversons Allada, lieu de pèlerinage des Chrétiens, un grand complexe de bâtiments et une église gigantesque. Puis Bohicon, où un arrêt s’impose. Là tous les vendeurs se ruent à l’entrée du bus. Il s’agit d’un grand ravitaillement en fait. Ananas, mangues, oranges, akassa, et beaucoup de babioles. Pour moi ce sera ananas, ils sont tellement bons ici. Départ rapide, encore beaucoup de route nous attend. Passage dans les villes de Dassa, ça donne envie de revenir, Glazoué, Savé puis Tchaourou. Ces dernières se trouvent dans une très belle région, où la chaîne montagneuse de l’Atakora laisse des paysages fabuleux. Il s’agit de formations rocheuses où l’érosion a commencé depuis bien longtemps son travail, le point culminant de cette chaîne de montagne ne doit pas dépasser les 700 m, mais c’est vraiment joli. La prochaine halte est Parakou (non loin du Nigeria), c’est aussi le terminus pour beaucoup. La descente est « chaleureuse », ou je devrais plutôt dire brûlante. Un air chaud et sec, complètement différent de celui de Cotonou nous y accueille. Nous sommes arrivés à 15h, et encore 2h30 de voyage nous attendent. Heureusement que je ne sois pas parti seul, ce sont des moments de franches rigolades avec Roland. Roland, lui n’était jamais allé dans le Nord de son propre pays, c’est la première fois. Notre problème actuellement est de réussir à joindre Olivier et Jean Christophe avec qui l’on s’était mis d’accord pour louer un 4x4 pour réduire les frais. Nous passons dans de nombreux villages sur le bord de la route. De très beaux paysages que l’on laisse derrière nous. Les femmes rentrent à pied avec les enfants. Ils sont tous chargés, d’eau, de bois, de la récolte de la journée ou de ce qu’ils ramènent du marché. Une vie qui paraît bien difficile. Les enfants tous sourires aux lèvres saluent le passage de notre bus. Passage par Djougou, non loin de la frontière du Togo. C’est seulement à l’arrivée à Natitingou vers 17h30 et avec beaucoup de difficultés que nous arrivons à joindre Jean Christophe qui n’ayant plus eu de nos nouvelles ont trouvé et se sont engagés vers une autre solution (il va nous falloir trouver des colocataires pour la location du véhicule demain matin). Ils vont nous rejoindre en fin d’après midi pour nous expliquer tout cela. Le calcul au niveau de l’argent devient juste, car impossible de retirer le moindre centime ici les banques ne font pas de retraits visas et, de surcroît sont fermées. En attendant nous avons commencé à faire le tour de la ville et des hôtels pour trouver des colocataires et surtout un guide !! Nous avons rapidement trouvé un guide, mais on n’est pas très sûrs de son sérieux. Pour trouver des colocataires à 19h00 pour un départ le lendemain matin à 04h00, cela commence à sembler très compromis. Rencontre avec Olivier et J.C. et de leur guide. Grâce à eux nous avons pu trouver un guide, et un véhicule. Le guide s’appelle Benjamin, mais le véhicule ne lui appartenant pas, c’est sans doutes Akim, le propriétaire qui nous emmènera demain au parc, avec son 4x4. Nous avançons le plein d’essence 30 000 CFA et nous sommes mis d’accord pour un départ à 04h00. Nous avons mangé avec O. et J.C., un très bon repas : igname pilé, sauce piment, pintade et fromage local. Puis sommes allés trouver un lit sur les coups des 22h30 dans une petite auberge à 6000 Cfa la chambre double. Le sommeil sera court, le temps de s’apprêter il était déjà minuit. Ce qui nous laisse 3h30 de sommeil devant nous.

01/04/06

Réveil un peu difficile comme c’était prévisible. A l’heure prévue, nous étions prêts. Personne ne croira que c’est moi qui ai écrit ces quelques lignes, mais « la journée appartient à ceux qui se lèvent tôt !!!! Nous sommes le 1er avril et il est maintenant 04h30, Akim n’est toujours pas venu. J’espère qu’il n’est pas en train de nous faire un poisson en ne venant pas et en gardant nos 30 000 !!! Mais je pense que l’on peut lui faire confiance, car Benjamin a l’air d’être un homme de parole. Et, en effet 10 minutes plus tard il était là. Départ direction le parc de la Pendjari. Malgré la fatigue, l’excitation reste intacte. 110 Km de route avant d’arriver au Parc, un peu de goudrons et beaucoup de pistes. Nous rencontrons plusieurs troupeaux de bœufs dirigés par les Peuls, au risque même d’écraser les bœufs sur la piste, prudence donc. Un peu d’attente à l’entrée du parc à Batia, il faut attendre que le soleil commence à se lever pour pouvoir rentrer. Un petit somme de 15 min et c’est reparti. Le parc couvre une surface de 275 000 ha. Il est donc immense et tout n’y est pas accessible, mais de nombreuses pistes le traversent quand même. Enormément de moments magiques, difficiles à écrire où à raconter, mais une magie bien présente, surtout pour quelqu’un qui a toujours regardé les documentaires animaliers sur la savane africaine tout en rêvant d’y être. Donc, je ne pourrais raconter comment cette journée dans le parc a pu être belle, j’ai donné vie à un rêve. J’ai pu assister à la vie et au rapport nature-animaux que l’on ne peut trouver dans un zoo. Entre les singes (babouins, vervets, patas), les herbivores : Antilopes cheval, buffles, cobes de Buffon, antilopes, bubales, phacochères et, sans oublier les hippopotames et éléphants que nous avons eu l’occasion de rencontrer et d’observer, tout au long de la journée, l’ébahissement a été complet. De plus, ces paysages de savane peu arborée à des endroits et plus fournie dans d’autres, mêlé à la chaîne de l’Atakora qui vient jusque là, comblent encore davantage la beauté de ce lieu. Quelques oiseaux originaux aussi y ont fait leur apparition, du vautour, en passant par le pic bœuf, les colonies de pintades et de perdrix, les ibis, hérons et aigrettes, marabouts… Nous avons pu réellement observer tous ces animaux vivre ensemble, en particulier autour des différentes marres (quasi sèches pour certaines) que compte le parc. Sur le chemin du retour, nous sommes restés quasiment 1h à observer un troupeau d’éléphants a seulement quelques mètres du véhicule. Une journée ponctuée de moments magiques. De même, une journée de chaleur intense. Mais à la limite plus facile à supporter que celle de Cotonou car plus sèche. Tout au long de la journée, nous avons mangé de la poussière et bu de l’eau chaude. Pas très agréable. Il nous restait un peu de temps pour aller à la chute de Tanougou, un petit village en bordure du parc. Un accueil très chaleureux des enfants. Après avoir escaladé la formation rocheuse de laquelle jaillit cette chute, nous arrivons à la première chute, puis plus haut, à la seconde chute beaucoup plus importante. La première impression est celle d’un jardin d’Eden !!! Une fraîcheur très agréable au milieu du désert !!! La première chose a été de boire, de la même façon que nous avons vu les babouins procéder dans l’après-midi. Nous avons profité de cette eau claire pour boire jusqu’à plus soif. Nous avons pu nous tremper le corps de cette eau qui était bienvenue. C’est seulement après que nous avons pu apprécier la beauté du site un lieu très vert en zone sahélienne. A savoir que dans la journée nous nous sommes trouvés au Burkina. Vraiment, très frais. Non loin, nous sommes allés dans une grotte bordée d’une ruche immense. Tout cela est en fait très difficile à décrire. Retour vers Tanguiéta ou nous nous sommes arrêtés boire un verre bien frais au maquis avec Roland, Akim, et un des employé du parc que nous ramenions vers Natitingou. Un très bon moment avant de reprendre la route vers Natitingou. Sur le chemin, toutes les femmes rentraient à pied du grand marché de Natitingou qui se tenait ce jour là. Du courage, ces femmes, une longue marche les attends, et en plus chargées. Arrivée à Natitingou, la première chose à faire, c’est de réserver le bus pour demain matin, il décolle à 07h00 et est apparemment très fréquenté habituellement. Nous quittons Akim pour la soirée, il reviendra nous chercher demain matin. Ce qu’il y a de sûr c’est qu’il a été très sympa avec nous aujourd’hui. Il nous a emmené là où normalement il n’a pas le droit, et il connaît le parc comme sa poche. Donc un grand merci. Réservation faite, retour à l’auberge de la montagne pour se décrasser. Je ne m’en était pas rendu compte, mais j’étais devenu métisse dans la journée, avec toute cette poussière. Nous sommes rapidement sortis direction le marché, où en tous cas ce qu’il en reste. Il ne s’agit à cette heure plus que de produits alimentaires et quelques pagnes. L’agitation est passée bien qu’il y ait encore du mouvement. Nous sommes allés chez une bonne dame ce soir, pour refaire le plein d’énergie. Ça a été une très belle journée, mais bien fatigante. Au menu ce soir, poulet entier à deux avec double portion d’akassa et de sauce, on va se régaler. Le ventre plein, nous sommes allés faire un petit tour dans la ville, avons traîné au maquis pour boire un verre, sommes allés acheter une bonne provision de mangues (elles sont énormes et délicieuses), puis sommes rentrés à l’auberge vers 1h. Ce n’est pas ce soir que nous récupèrerons le sommeil en retard, mais nous allons bien dormir, des images plein la tête.

02/04/06

Ce dimanche, retour vers Cotonou, non par envie, mais par obligation. Je serais bien resté une semaine dans le secteur. C’est tellement plus calme, et je dois dire qu’aucune personne ici n’a essayé de m’extorquer de l’argent. L’honnêteté est bien présente ici. Nous retournons sur nos pas à travers tous les paysages que nous avions traversés auparavant. Le même décor et la même satisfaction face à ces paysages, satisfaction mêlée à celle de la journée d’hier. Je dois avouer que cette satisfaction a été ponctuée de celle d’un peu de sommeil. Eh oui, impossible de lutter. Arrivée à Cotonou sur les coups de 15h00. Très bien accueilli par Laurenda, Josi, et sa maman. Roland devait attaquer le boulot à son retour. Je le plains, avec cette fatigue !!! Visionnage des photos, pause mangue et casse croûte, discussions ont été le programme de la fin d’après-midi. Rapidement Antoine et Rufin sont arrivés pour me souhaiter bonne arrivée. Nous sommes allés au maquis boire un verre puis manger un bout. La fatigue m’avait quitté, et nous sommes restés jusqu’à minuit au dehors. Une bonne douche et au dodo. Le travail reprends demain matin, il s’agit de réussir à se réveiller.

03/04/06

Voilà la semaine a repris. Avec elle la course aux informations, la préparation du symposium et la mise en forme des informations déjà collectées.

04/04/06

Je profite de cette journée pour me remettre à niveau au niveau de l’avancée de mes travaux. En faisant un rapide bilan, je me rends compte que le dossier avance bien, mais qu’il reste à faire pour en connaître l’issue. Ce soir c’est une soirée un peu spéciale entre la fatigue du week-end, le travail sur le projet que j’ai avec Rufin et un bon repas bien mérité chez la bonne dame de l’autre côté de l’Etoile. Ce n’est pas encore ce soir que je vais réussir à dormir !!!

05/04/06

Aujourd’hui dernier jour avant le symposium et derniers préparatifs, P. est parti à Lomé régler quelques problèmes, donc il va me falloir gérer entre la préparation du stand, de la présentation de la structure et de sa vision, mais aussi des différents apports prévus lors de ce forum du commerce équitable. Tout étant fin prêt vers 21h, « pause mangé » puis grand nettoyage et lessive, on risque d’avoir de la visite ces prochains jours et je n’aurais pas le temps de le faire par la suite. Je suis allé traîner un peu au dehors. Moment de décompression.

06/04/06

Le symposium commence aujourd’hui à 13h00, mais avant il faut aller installer le stand. Réveil à 07h, G. est arrivée à huit heure, direction la banque à 1/2h d’ici, il y a des petites choses à régler. Dès le retour, « on charge la mule » comme on dit et direction le Symposium qui se trouve à l’ex Hôtel Sheraton, pour les dernières mises en place. Le forum n’a commencé qu’à 14h00 finalement. Il a été question aujourd’hui de l’organisation des filières équitables et de leur souveraineté. Des différents atouts pour son développement en Afrique mais aussi de ces insuffisances. Nombreux ateliers, débats et échanges d’idées, ainsi que de nombreuses rencontres de structures différentes du secteur de l’économie solidaire et du développement. Ces quatre jours promettent d’être riches en rencontres et en réflexions. Ce soir c’est soirée repas avec Josi, Thérèse, Renaud et Inès autour de la chandelle, l’électricité à encore été coupée !!

07/04/06

Réveil matinal pour départ matinal. Direction le Marina Hôtel ex Sheraton. Restitution des échanges de la veille et des différents travaux en ateliers réalisés. C’est Ce matin que P. présente le travail que j’ai réalisé ces derniers jours. J’espère qu’il saura se montrer convaincant et qu’il saura exprimer clairement les principales idées. Dans l’ensemble, la présentation a été plutôt satisfaisante et de nombreuses personnes ont trouvé intérêt dans le support proposé, et ont apprécié le côté pratique de la présentation. Voici les retours que j’ai pu avoir, challenge réussi donc !! L’après midi a été ponctuée de discussions, de débats et d’ateliers. J’ai donc participé à un atelier qui m’intéressait particulièrement et qui m’a beaucoup intéressé concernant le coton biologique équitable. De nombreuses questions restent cependant posées, mais certaines nébuleuses ce sont éclaircies. La journée a fini à 20h30 au lieu de 18h00 et les travaux d’ateliers ne sont pas terminés. Un petit tour au cyber, décidément les réponses attendues sont très lentes à venir. Un bon repas chez une bonne dame, pintade et pâte de maïs, de quoi refaire le plein d’énergies.

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