25/03/06
Réveil matinal, direction Porto Novo, la capitale Politique du Bénin à 30 Km à l’est de Cotonou. Après m’être rendu au marché de Dantokpa pour prendre un taxi, bondé comme à l’habitude, je me suis mis en route pour cette capitale que l’on dit « charmante de par sa désuétude », je vais le vérifier. Sur la route, une fois que nous avions quitté Cotonou, de nombreux petits jardins, une végétation abondante, mais pas trop dense. Plus on se rapproche de Porto Novo, plus la végétation devient dense et exotique. Le décor est digne d’un documentaire sur la flore Africaine ou d’un film fantaisiste. L’entrée dans la ville se fait par le pont qui traverse le lac Nokoué. Il faut le rappeler, il fait environ 100 Km2 de surface, c’est donc le même qu’à Ganvié. Ce qui fait que chacun peut s’il en a le courage, traverser la quasi-totalité du pays de l’est à l’ouest en pirogue. Cependant, plusieurs jours et beaucoup de sueur seraient nécessaires à la rame. Je suis maintenant à quelques petits kilomètres du Nigeria, où la situation n’est selon mes sources pas très facile voire même assez chaotique en matière de sécurité. Si je trouve le moyen, j’irai y faire un tour tout de même, m’imprégner de ce pays. La ballade commence en Zem avec lequel je quitte rapidement la gare routière pour rentrer dans la ville. Porto Novo est vraiment moins agité que Cotonou. Moins polluée aussi. De nombreuses maisons abandonnées (anciennes maisons coloniales entre autres) donnent à certains moments l’impression d’une ville fantôme. Rapidement, je rencontre Gilbert, élève à l’Université. Je le salue d’ailleurs et lui transmets tous mes remerciements. Il m’a fait faire le tour de la ville pendant toute la mâtinée, si bien que l’on a énormément marché mais que je me suis aussi beaucoup imprégné de cette ambiance très particulière et de cette quiétude. De nombreux monuments ont attiré mon attention de part leur importance : l’Assemblée Nationale (qui jure un peu dans le paysage), les maisons de quelques hommes politiques (qui sont parfois dignes de villas voire même de palais), mais aussi les nombreuses maisons coloniales que l’on retrouve aussi à Ouidah. Gilbert et moi nous sommes quittés et je me suis rendu en premier lieu au musée ethnographique Adandé. Ça vaut le détour. Des explications plutôt précises sur les différentes ethnies au Bénin, leurs langues… De nombreuses explications sur le culte vaudou et de nombreux objets cérémoniaux utilisés au Bénin (masques, tambours, vêtements…). Echange très agréable avec le guide, et pas seulement de l’ethnographie. Puis je suis allé au jardin des plantes. Un grand jardin ou plutôt parc où de nombreuses espèces d’arbres et de fleurs sont présentés. Il s’agit en fait d’une ancienne forêt sacrée, transformée par les coloniaux en jardin botanique. On y trouve l’Iroko (arbre sacré au Bénin), le colatier, le faux colatier, le cola du singe, différentes espèces de palmiers, le cacao, le frangipanier, le caféier… Bref, on s’y imprègne des variétés locales. Je suis ensuite allé manger un petit bout à côté dans l’autre partie du jardin. Quelques singes s’épouillent, et s’activent autour des tables. Un moment très rafraîchissant. Quelques buses ont essayé d’attraper les singes, et là ça a été le remue ménage. Tous se sont camouflés dans les branchages. Bizarrement, un écureuil a aussi troublé la quiétude des singes et s’est fait poliment poursuivre!! Je me suis rendu après cette pause bien agréable, au musée Da Silva. Musée consacré aux arts et à la culture afro brésiliens. L’accueil est chaleureux, on y découvre une maison bourgeoise dans laquelle chaque pièce de la maison est bien distinguée entre hommes et femmes. Ce musée retrace l’histoire et les différents acteurs de la traite des esclaves. Puis le musée Honmé, un ancien palais Royal du roi Toffa. On y découvre la vie au palais avec les différentes pièces de vie bien distinctes entre hommes et femmes là aussi. Les rois de ce palais avaient pour certains jusqu’à 40 femmes que la reine mère désignait tous les 21 jours pour venir auprès du roi. Parfois 2 ou 3 en même temps. Un tour au marché principal de Porto Novo, plein de couleurs comme à l’habitude puis à la mosquée principale, très colorée elle aussi. Je me suis ensuite rendu au marché de Ouendo, grand marché de la région ce jour là. On y retrouve la même ambiance qu’à Dantokpa. Ce marché est cependant plus petit et l’on peut donc mieux se rendre compte de l’offre sur un marché béninois. Quelques ananas, mangues, dans le sac, et retour à Porto Novo. Comme promis, je suis retourné voir Gilbert et Noël que j’ai rencontrés dans la journée. Tout d’abord Gilbert qui s’est montré plutôt satisfait de voir que je ne lui avais pas mentis lorsque je lui ai dit que je repasserai le voir. Nous avons bu un verre et sommes allés rejoindre Noël. Chose à laquelle je ne m’attendais pas, il était en répétition chez lui dans son arrière cour avec ses amis. J’ai été formidablement accueilli. La batterie du groupe c’était deux petits djembés couverts de tissu, pour les baguettes c’était deux vulgaires bouts de bois et un gros djembé pour faire la grosse caisse, sur lequel on tapait avec le pied. Six chanteurs et chanteuses, des cœurs parfaits. Bizarrement, avec si peu de matériel, le rythme était très bon, les chansons très bien structurées et la mélodie accrochante. J’ai donc passé un moment formidable, pendant plus d’une heure, ce qui n’était pas vraiment prévu. J’ai donc repris la route de nuit, ce qui n’est pas très conseillé, certain que je reviendrais à Porto Novo. La soirée a elle aussi été bien animée puisque j’ai eu la visite de Ruffin, puis d’Antoine avec un de ses amis puis de Roland avec des amis. Ce qui fait que les verres n’ont jamais été vides. La nuit sera courte, couché à 3h, Antoine et Rachid ont fait le programme, demain Antoine passe me chercher à 9h.
26/03/06
Réveil à 8h, j’ai hébergé Edwin que sa mère avait oublié de ramener. Heureusement, il m’a réveillé. Petit dej’, et rapidement Antoine est arrivé. Nous avons été directement à Fidjrossé chez Rachid, mais étant absent, Antoine a su le trouver dans le quartier. Nous sommes donc allez à « leur repère de brigands », tous les dimanches ils se retrouvent à plusieurs et passent la journée à fêter. Très bon accueil, mais obligé d’attaquer à 10h30 au Sodabi, l’alcool de palme local, sorte d’eau de vie en un peu plus fort. Ils n’y vont pas de main morte, et il vaut mieux ne pas vider son verre trop vite si l’on ne veut pas le voir rempli plusieurs fois. De quoi bien s’amuser, vraiment de très bons échanges. Nous avons quitté pour aller chez Rachid, où bien entendu ils ont voulu remettre ça. Donc Sodabi à nouveau. La faim nous a après rapidement tiraillée, si bien que nous sommes allés un peu plus loin dans le quartier manger. En fait, nous avons plutôt bien mangé, deux fois pour tout dire, igname pilée avec cabri. La cuisinière de ce maquis cuisine vraiment très bien. Nous avons quitté deux heures plus tard le ventre plein direction chez Do Polo, un ami d’Antoine et Rachid. Il a fallu remettre ça, et hop, trois verres supplémentaires. Nous avons passé un petit moment chez Do Polo avec sa famille, très bon accueil comme toujours. Au départ, direction la plage de Fidjrossé, trempette pour les pieds et direction le maquis pour la bière. D’abord deux grandes bouteilles de bière chacun, beaucoup de discussion. Nous étions sur le point de partir de Fidjrossé lorsque nous avons croisé complètement par hasard Ruffin avec un de ses amis peintres. Nous sommes donc retournés au maquis boire une dernière bière et ça a fini en Caps. Retour chez Rachid, qui a encore sorti le Sodabi. Moi je ne peux plus, et je ne suis pas prêt à refêter comme ça. Antoine m’a emmené chez lui, après une crevaison et un peu d’attente chez le garagiste. J’ai été merveilleusement accueilli chez lui par toute la famille, sa femme, ses enfants, ses tantes… Un bon repas à la béninoise, Akassa et poulet, bien épicé pour changer !!! J’avoue que je n’ai jamais autant mangé de poulet qu’ici. Retour au bercail où je suis resté avec Josi et Pélagie. La nuit sera très bonne.
27/03/06
Ce lundi, plusieurs démarches à faire, les choses avancent bien. Ma vie ici continue toujours active et pas le temps de s’ennuyer. J’ai déjà fait le programme pour ce week-end, direction la Pendjari !!! Le parc National. J’ai réussi à trouver deux Yovos qui s’y rendent, et on s’arrangera Roland, moi et eux deux pour partager les frais de location du véhicule sur le parc. Je suis pressé d’y être. Les soirées se font toujours à plusieurs autour d’un repas chez les bonnes dames (les femmes qui vendent à manger dans la rue).
28/03/06
La TORDUE, je cite « Travail !! Travaille mon enfant, la vie sans argent ça vaut pas le déplacement….. » Eh oui, je m’en rends compte ici, beaucoup de problèmes et de complications proviennent de l’argent. Le Nerf de la Guerre !!! Dans mon projet même, cela pose des problèmes. En fait, on dit qu’il n’y a pas de problèmes, qu’il suffit de rechercher les solutions. C’est vrai aussi, et c’est ce que je fais. On se débrouille, et les choses continuent. J’avais prévu d’aller à Lomé au Togo demain, à l’autre bureau, rencontrer Anne-Sophie et Vincent pour discuter du second projet qui m’intéresse. Mais après avoir tout organisé, je me suis rendu compte que demain c’est l’éclipse et que le Togo s’est mis Férié à cause de cela. Eh oui, on peut créer un jour férié pour les éclipses. Et alors ? Donc je n’irai peut être que jeudi.
29/03/06
Ce matin c’est l’éclipse. Il ne va pas falloir longtemps pour en voir les effets. Mais le premier effet est déjà visible avant même qu’elle ne commence. C'est-à-dire que très peu de Béninois sont sortis de chez eux ce matin. La ville est très calme. Beaucoup se sont équipés de lunettes spéciales pour observer le phénomène, mais beaucoup aussi ont prévu de ne pas sortir du tout de la matinée et surtout de ne pas regarder le ciel !! On a pu commencer à observer le phénomène dès 09h30 environ. Le ciel s’est très vite assombri. En fait il est prévu que l’éclipse ne soit pas totale sur Cotonou mais à une centaine de kilomètres. Le phénomène a continué son processus jusqu’à 10h30, heure à laquelle le soleil était quasi totalement caché par la lune. C’est comme si l’éclipse avait été totale. Les écoles sont fermées aujourd’hui et beaucoup de parents ont souhaité garder leurs enfants de peur de l’éclipse. Dehors, pas grand monde dans la rue. Quelques personnes avec les lunettes spéciales, d’autres qui continuent malgré tout leurs commerces tout en prenant soin de ne surtout pas regarder le ciel. Les voisines me disent avoir eu peur. Il y a même quelqu’un qui m’a dit que « ce sont les Yovos qui nous ont envoyé ça ». D’autres encore y vont chacun de leur interprétation du phénomène, « ce sont seulement les bords de mer qui sont touchés, car l’éclipse est attirée par la mer… », « c’est la puissance de Dieu qui s’exprime… ». Certains se sont tout de même renseignés sur ce sujet. Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il fait quasiment nuit. C’est vraiment étonnant. Comme si le soleil c’était levé deux fois en quelques heures. C’était superbe. Le programme est fait, demain c’est direction Lomé. J’ai travaillé avec Ruffin pour son site jusqu’à 22h et nous étions sur le point de partir lorsque Antoine, Rachid et deux de leurs amis sont arrivés. Nous avons bu quelques verres et mangé sur le pouce. Ils ne sont partis qu’à 00h15. Le sommeil ne sera pas long, réveil prévu à 6h.
30/03/06
Réveil à l’heure prévue. Tôt le matin Cotonou paraît tellement calme et tellement moins pollué que je m’étonne maintenant de la voir si agitée dans la journée. Je prends le taxi à l’Etoile à 07h45, apparemment 3h de trajet m’attendent. Ça ne va pas être facile à 7 dans le taxi, mais la chaleur n’est pas encore arrivée et l’on ne va pas souffrir tout de suite. Je repasse donc par les villes de Ouidah, Comé et Grand Popo par lesquelles je suis déjà passé et je reste toujours ébahi devant le paysage qui s’offre à moi. Je le suis un peu moins à voir le chauffeur conduire et doubler !!! Mais bon. Arrivé à Hilacondji, à la frontière Bénin Togo, il faut passer dans les bureaux de douane pour se faire enregistrer et changer de taxi. Beaucoup de vendeurs profitent de ce lieu de halte obligatoire pour écouler leurs nourritures, boissons, pacotilles… Après environ une heure à remplir quatre formulaires identiques dans 4 bureaux différents (eh oui pour passer rapidement, il faut que quelqu’un mange si vous me comprenez), je suis enfin au Togo le paysage ne change guère comparé au Bénin, mais est cependant très joli dès que l’on est sortis d’Hilacondji. Nous traversons de nombreux villages pour enfin arriver à Lomé dans les bouchons, les déviations… Si bien que l’on perd encore plus d’une demi heure. Dès que l’on est rentré dans la ville, le trafic routier est fluide et très peu dense. A la descente je monte sur un Zem, le conducteur est très sympathique d’ailleurs, direction le bureau de Lomé où se trouvent les antennes commerce équitable et micro crédit. Une très belle bâtisse bien aérée donnant sur une cour intérieure. Ça donne envie d’y vivre. Je rencontre tout d’abord Vincent qui me réserve un accueil très agréable puis Anne Sophie qui est là depuis bientôt deux ans déjà et qui est elle pour l’instant occupée. Après les premiers échanges et discussions, nous avons repris la route afin de rencontrer quelques artisans sculpteurs sur bois et un artiste ferrailleur. Je suis vraiment impressionné par leur façon de travailler le bois, ça me donne très envie de reprendre la sculpture et d’y arriver. Ils travaillent sur le teck, l’acacia, le bois de veine (teck « sauvage ») et un tout petit peu sur l’ébène. Ce dernier donne un rendu vraiment superbe, de très belles pièces sculptées. Nous avons fait le tour de la ville, nous sommes arrêtés un moment au maquis boire une bière brune locale « Awoono » bien bonne ma foi. De retour au bureau nous sommes allés manger chez une bonne dame où Vincent à l’habitude de manger. On m’y a promis la fessée si je ne mangeais pas tout. Au menu Gari (farine de manioc), flageolet local, riz et viande de bœuf grillé. Je n’ai pas eu à me forcer, c’était très bon et pimenté à souhait. Nous avons discuté du sujet qui nous intéresse dans l’après midi et avons été faire un tour au grand marché de Lomé avant mon départ vers 17h30. Direction Cotonou car demain je reprends la route. Arrivée vers 20h30, je suis directement passé voir Ginette qui m’a invité à manger. Très bon, les enfants étaient heureux de me voir. Je suis ensuite vite passé voir Roland au Cyber pour organiser le départ du lendemain. Et oui, demain je pars pour réaliser un rêve de gosse, aller observer les animaux sauvages dans une réserve Africaine. Je suis vraiment excité. Le bus part à 07h00 tapantes, il faut être prêt.
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