29/04/06
Ce matin, je laisse mon sommeil aller à son terme. Debout donc à 10h. Préparation du sac puis direction l’étoile pour monter dans le taxi qui se rendra à Bohicon. Pour une fois, non seulement nous n’avons pas traîné à partir de Cotonou, mais en plus nous ne sommes pas tombés en panne. Les routes restent tout de même dangereuses, ou plutôt, les conducteurs sont dangereux, il faudrait qu’ils apprennent que l’on ne double pas dans un virage ou en sommet de côte et que tous les usagers ont leur place sur la route. Il faudrait aussi qu’ils aient des véhicules en état (pour certains les pneus sont arrivés aux tissages !!!) et que l’on pense à parler de ceinture de sécurité. Jusque là, je n’ai pas porté une seule fois la ceinture de sécurité ici. Arrivé à Bohicon, je suis allé comme convenu à l’atelier de Julien, nous sommes restés discuter un bon moment. J’ai à nouveau rencontré beaucoup de personnes ici. Nous sommes ensuite partis nous balader au fin fond de Bohicon dans quelques villages pour rencontrer des amis de Julien. Direction ensuite la nouvelle et l’ancienne maison de Julien. Il est en train de déménager. Il m’a fait faire le tour de Bohicon. Nous sommes d’abord allez boire un verre et manger du riz sauce dans un maquis non loin de chez Julien et Pauline. Puis sommes repartis en direction d’un maquis bien caché pour manger du très bon Foufou avec le lapin fumé. Une béninoise par dessus et nous sommes retournés à l’atelier. J’ai travaillé avec Julien pour lui faire son catalogue comme je le fais avec Rufin et René. Julien est très connu dans le monde de l’art aux Etats-Unis. Quand il le veux, il peut vendre ses œuvres à Chicago à un prix exorbitant. Et pourtant, il vit le plus simplement possible. J’ai ensuite discuté avec Pauline sur des sujets qui lui sont chers avant de prendre un Zemidjan en direction d’Abomey. Je suis d’abord allé voir des artisans du palais royal que j’avais rencontré. J’ai à nouveau été très bien accueilli. Il m’ont ensuite emmené voir un artisan tisserand que je devais voir ce week-end, Alphonse. Il vit dans un coin perdu d’Abomey. Nous avons beaucoup discuté, il m’a présenté sa famille puis m’a emmené ailleurs dans la ville pour me montrer les tissus qu’il fabrique. Il fait vraiment du beau travail, ce qui fait que régulièrement il est demandé à l’étranger. Nous sommes ensuite allés à la « 5ème Dimension » un maquis sympa d’Abomey pour continuer notre discussion. Depuis mon arrivée à Bohicon ce matin, il n’y a ni eau ni électricité dans la région. C’est donc bière à la bougie. Pendant ce temps, l’orage fait rage non loin de là et la nuit étant déjà arrivée, les éclairs très nombreux éclairent de toutes les couleurs le ciel voilé de nuages. On sent déjà la fraîcheur arriver. Il fait presque froid. En peu de temps nous avions perdu plus de 10°. La pluie commençant à tomber, et connaissant maintenant la puissance qu’elle peut avoir, nous nous sommes rapidement quittés moi et Alphonse. J’ai donc pris un Zem direction l’atelier de Julien et Pauline où l’on m’attends. La pluie tombant, les 9Km qui me séparent de Bohicon auront été frais, je me suis caché au mieux derrière le conducteur tellement la pluie était fraîche. Arrivé à l’atelier, je me suis posé et nous avons repris nos discussions. Je comptait prendre la route peu de temps après pour retourner à Cotonou, mais Pauline et Julien ont su se montrer assez persuasifs pour que je reste. Il est vrai que l’eau aurait rendu dangereux le voyage. Nous avons donc tous 3 décidé de faire la fête. Nous avons acheté une bouteille de pastis et de la bière. Tout en discutant, une femme Yovo (Nathalie) est venue vers moi avec sa fille me demandant si je connaissait un Hotel ici. Au cours des discussions, nous avons fini les boissons et sommes arrivés à des débats ouverts. A 2h nous avons décidé d’aller manger tout de même, la faim se faisant vraiment sortir. Au menu, une délicieuse omelette, du bon pain et l’Akassa. Nous avons encore traîné à ce maquis, puis sommes allés chez Pauline et Julien dormir. Il est 3h30 et le sommeil ne sera pas difficile à trouver.
30/04/06
Ce dimanche, c’est l’anniversaire de maman. Bon anniversaire !!! Réveil à 8h. Nous avons un peut traîné avant d’aller prendre un bon café au maquis où nous avions mangé la veille. Julien et moi sommes encore restés ensemble avant qu’il ne m’emmène prendre un taxi vers Cotonou. Cette fois, c’est une voiture rose. Un peu petite mais nous passerons tout de même à 7 dans le véhicule. J’en profite pour dormir un peu jusqu’à l’arrivée à Calavi. Je suis descendu du taxi dans le quartier de Rufin. Arrivé chez lui, je lui ai fait la surprise de ma présence. Il était en train de faire un batik. Nous sommes rapidement allés dans un maquis où Rufin a l’habitude d’aller. Nous avons pris des spaghettis au piment et viande de cabri. Très bonnes. Puis avons pris la route avec la moto de Rufin en direction de la plage de Fidjrossé. Nous nous sommes arrêtés voir un de ses amis que nous avions déjà été voir précédemment puis sommes allés comme prévu nous balader sur ce que l’on appelle la route des pêches. Il s’agit du chemin sableux qui longe la mer sur tout le littoral Béninois en partant de Cotonou jusqu’au Togo en passant par Grand Popo et Ouidah. Cette route des pêches, traverse de nombreux villages de pêcheurs. Une grande tranquillité. Aucun bruit. Ce sont de grandes cocoteraies qui bordent des deux côtés cette route. Un peu chaotique, cette route reste toutefois praticable. C’est vraiment superbe. Les personnes qui vivent ici vivent dans la tranquillité, mais doivent tout de même se sentir très isolés. Au bout d’un moment, c’est moi qui ai conduit la moto. Je dois dire que ce n’est pas évident dans le sable. Mais je m’en suis bien sorti jusqu’à ce que le câble d’accélérateur finisse par lâcher. Là nous avons trouvé une solution pour arriver jusqu’à Ouidah. Cette route mène directement sur la « porte du non retour » et sur « la route des esclaves ». Une partie importante de l’histoire. La première chose sera de se rendre au centre de Ouidah afin de trouver un mécano se dimanche. Ça a été moins difficile que l’on ne l’avais pensé. Arrivés sur la place Chacha (place de commercialisation des esclaves au temps de la traite), nous avons trouvé un mécano qui nous a fait cela assez rapidement puis sommes allés dans un maquis boire un bon coca. Là nous nous sommes bien rafraîchis et avons repris la route en direction du musée de Ouidah non loin de là. Une visite intéressante du point de vue du fond documentaire disponible. Rufin et moi sommes repartis dans le sens inverse. L’eau menace de tomber à Ouidah mais pas de nuages à l’horizon vers Cotonou. Nous avons donc pris un peu d’essence puis sommes repartis sur cette même route. Les couleurs ont beaucoup changé, la lumière du soleil n’est plus la même et ce n’est pas tout à fait la même route que nous avons emprunté. J’ai conduit jusque Fidjrossé où nous nous sommes arrêtés voir Francis, un ami de Rufin dans une plage privée de Cotonou qui lui appartient (à Francis). Là nous sommes restés plus de 2h à discuter ensemble sur un coin de plage tranquille sans autre bruit que celui des vagues. Nous étions au milieu des nouveaux riches de ce pays et je dois dire que je ne me sentais pas vraiment à ma place au milieu de ces costards cravates et de ces petits rupins. Nous avons tout de même passé un très bon moment. De retour à la maison, la famille Doubogan (c’est à dire les voisins) m’ont réservé un bon accueil. Nous sommes restés un moment à la maison puis sommes allés vers 22h30 manger avec Rufin. La fin de la soirée s’est faite avec Josi et Pélagie. Une bonne douche et au lit. J’ai éteint tous les réveils.
01/05/06
La fête du travail est chômée ici aussi. Donc repos. C’est aujourd’hui le jour de l’anniversaire de David. Une pensée pour lui et sa famille. J’ai aujourd’hui profité pour faire la nuit la plus longue depuis mon arrivée ici. Réveil a 12h. 1/4h plus tard, Antoine était là. Nous avons pris un café et sommes restés discuter un moment. Je suis ensuite allé au CPA voir François et Romain. Romain n’était pas là aujourd’hui, mais François était au travail. Nous sommes restés un moment à discuter. La discussion est rapidement devenue un cours de cravate. Je leur ai appris à faire les nœuds de cravate car lui et ses employés ont un entretien d’affaire prochainement. Après avoir pris congé, je suis allé voir Roger et Raffiy des percussionnistes. Nous nous sommes bien amusés, et avons beaucoup échangé. Si bien que l’heure a tourné et les 20h sonnaient déjà. J’aurais déjà dû être chez Antoine depuis une heure. J’ai donc pris un Zemidjan direction Zogbo. Toute la famille était là. Nous nous sommes posés tranquillement, puis le courant a coupé, seulement pour les maisons du même compteur. Je me suis alors improvisé électricien pendant une petite heure. Nous avons fini par trouver l’endroit où il y avait un court circuit. Ça attendra donc demain. J’ai quitté Antoine et sa petite famille vers 22h. Arrivé à la maison je suis allé manger chez Pablo avec Josi, puis nous avons traîné au dehors pendant encore un bon moment. Demain, c’est la reprise.
02/05/06
La reprise a été dure et le réveil aussi. Ce matin, nous avons fait les dernières mises au point quant aux séchoirs solaires que nous devrions livrer la semaine prochaine. J’ai reçu quelques colis qui vont me permettre d’avancer dans mon projet. Nous avons continuer de préparer des produits pour l’expédition. Quelques mises au point au niveau qualité. Nous avons reçu une proposition de marché, la fin de journée a donc été active afin de réunir tous le nécessaire pour échantillonner. Les clients repassent demain et il faut que les échantillons soient prêts. Ghislain un ami de Calavi est passé et nous avons bu un verre à la buvette voisine avec Rufin. Ce soir nous avons fait quelques mises au point avec Rufin pour son catalogue, il reste du travail avant mon départ. Un petit repas ensemble pour caler tout cela. Rufin est parti vers 00h, un peu de lessive, de ménage, et au lit.
03/05/06
Ce mercredi, les choses ont été moins précipitées. Une visite d’Augustine avec qui j’ai travaillé longuement sur la question des teintures puis midi est arrivé, et la coupure d’électricité ne s’est pas laissée attendre. Jusqu’à 19h sans électricité, il est difficile de rester dans le bureau et surtout, il n’y a aucun ordinateur qui puisse fonctionner, pas même au cyber. L’après midi s’est donc déroulée plutôt calmement. Ce soir je suis resté au calme, j’ai travaillé sur le bois que j’avais. Pélagie, Laurenda et Inès sont venues à la maison jusqu’à 00h. Il me restait beaucoup de lessive à faire, je n’en ai fait qu’une partie, le reste attendra. Le sommeil n’est arrivé qu’à 02h30.
04/05/06
Ce matin, s’est précipitation sur précipitation. Dès le réveil, direction le quartier St Michel concernant l’indigo. Les tests effectués, nous sommes repartis avec Pierre vers le quartier Zongo où nous avions quelqu’un à voir et pour finir cette tournée, nous devions aller au port récupérer un colis que j’avais reçu. Arrivée au bureau à 12h. La mâtinée a été courte. Nous avons ensuite travaillé avec Ginette sur l’expédition après un bon café. Montage d’un dossier de financement, études techniques (un peu saoûlantes) sur les teintures écologiques… Fin de journée plus calme. A 19h Rufin et René sont arrivés et nous avons travaillé sur leurs catalogues respectifs. Tout en discutant, nous avons quasiment finalisé leurs deux catalogues vers 21h. Après avoir bu un verre, nous sommes allés manger « chez Pablo ». De grands débats sur la place des USA. Retour au bercail vers 00h30.
05/05/06
Ce vendredi a été plutôt calme. De nombreuses petites mises au point concernant mon projet et d’autres. Ce matin c’était enfin l’expédition. Nous sommes allés avec Pierre à l’aéroport à la zone de fret. Les choses y fonctionnent un peu bizarrement. Enfin !! C’est parti. Retour au bureau, les derniers documents à préparer, un tour au cyber, quelques mails et la journée de travail était terminée. Ce soir, après avoir attendu avec Ginette les gâteaux d’à côté (qui sont d’ailleurs arrivés trop tard), je suis allé au CPA pour voir Romain. Nous sommes allés à la buvette avec un de ses amis jusqu’à 21h puis sommes allés à la maison. Romain est parti vers 23h puis j’ai mangé avec Josi et Thérèse. Aucun réveil en route, je vais bien dormir cette nuit.
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